Un an après
Le 17 décembre dernier, nous étions une petite bande de sur-motivés à organiser une soirée dans un club à Paris, avec pas un rond en poches : +CHO+MIEU ! De mémoire, c’était une des meilleures soirées parisiennes que j’ai vécue ! Le problème, c’est que depuis… rien, le calme plat, ça ne sent pas terriblement l’union dans cette même - ancienne - bande de potes. Au jour d’aujourd’hui, les choses ont bien changé, à par le fait qu’on a encore oublié, cette année de fêter l’anniversaire de Saïmon ; ou du moins, moi, j’ai zappé : donc JOYEUX ANNIF SAIMON !!! Promis, dès que je rentre en France, je me rattrape.
Je vais rentrer dans des considérations un peu mathématiques, donc pas très excitantes, mais qui restent à la portée du bon sens ! Voilà à quoi ressemble notre générosité : il a fallu faire dépenser près de 3000 euros à 180 personnes pour, à la fin, obtenir 750 euros de générosité… ce qui fait en fait une générosité tout à fait relative de 750/3000, soit 25%, ou encore 4 euros dépensés pour un euro de générosité. Je sais ce que vont dire les plus fervents défenseurs de la générosité. « Vaut mieux dépenser 4 euros pour une organisation non lucrative et aller à leur soirée, que de dépenser le double pour la même quantité dans un bar privé »… Cet argument tient la route, en effet. Mais premièrement, je tiens à dire que personne n’est obligé, et moi le premier (avec ma générosité relative), d’aller se ruiner dans des bars à Paris ; même si je conçois que la vie d’alcoolique des comptoirs joue un rôle important, voire essentiel, dans notre vie sociale. Deuxièmement, quand on veut être généreux, pourquoi aller dépenser 16 euros dans une soirée telle +CHO+MIEU, au lieu d’aller directement, par exemple, acheter 4 euros de nourriture et les offrir. Est-ce que vous imaginez la tune qu’il faudrait claquer dans notre société de consommation (qui est loin de créer de l’égalité et de la fraternité) pour à la fin obtenir un peu de générosité… Quand c’est juste quelques personnes qui font des œuvres sociales dans leur coin, on ne s’en rend pas bien compte, mais imaginez, si tout le monde se mettait à faire ça ! Je n’ai pas les modèles économiques pour le démontrer, mais ça me paraît évident : nous serions au bout du compte tous plus pauvres (et au passage notre foi en prendrait un coup). Et, le pire derrière tout ça, c’est le fait que l’on soit malheureusement, dans notre société, obligé de vêtir nos envies égoïstes - de se bourrer la gueule pas cher entre potes - d’apparats humanitaires et sociaux. En gros, on surfe sur une vilaine tendance de consommation, propagée par le marketing sans vergogne de nos multinationales. Aujourd’hui, de plus en plus, pour vendre il faut avoir une politique de développement durable quand on produit des meubles Ikaka à partir de la dévastation de forêts primaires équatoriales, il faut avoir une charte des droits sociaux dans les usines délocalisées où l’on exploite des adolescents… Bref, ce n’est peut-être qu’un jugement personnel, sans argument universel, mais c’est ma conviction : bien que le fond de cette soirée était bon, la forme n’est plus adéquate, à mes yeux, aujourd’hui.
Un peu plus vicieux. J’aimerais nommer de qui je parle, mais bon je trouve ça plus vicieux de se sentir viser sans voir directement son nom écrit (quel sadique ce mec). Comment décrire une association qui se dit sociale, parce que tous les dimanches soirs ils vont à la rencontre des sans abris de la gare de Lyon et font des cours d’alphabétisation, quand en fait… ils sont 30 inscrits, et ne sont que 10 pécosses à aller à gare de Lyon tous les dimanches, et que parmi ces 10, y’en a de toute façon la moitié qui ne fait même pas partie de cette association et qui ne savent même pas de quoi cette asso retourne… que, c’est toujours, la même petite minorité qui va donner des cours d’alphabétisation, et que la majorité ne se bouge le cul que quand on les bouscule et on leur dit qu’ils ont, d’une certaine manière des obligations… et, à qui il faut presque 2 mois pour trouver un vendeur de couvertures et les distribuer, alors même que c’était tout le sens de la soirée. Moi j’appelle ça une association « image de marque » ! Je m’explique. Imaginez vous dans une université, où l’apparence joue un rôle énorme. Il y a ceux qui ne se cachent pas d’aimer la mode et les conneries genre Star Ac’, mais il y a aussi ceux qui aiment, le reggae, les cultures alternatives, qui se disent de gauche, etc. Et bien, faire partie de cette association socio-humanitaire, ça fait un peu comme un super pin’s attaché à sa veste ‘wribels’ achetée dans des puces à Berlin… Vous voyez ce que je veux dire ? Y’en a d’autres, aussi, qui croient qu’une asso, loin de chercher à atteindre un but, sert à mettre en exergue une image, un style, et que loin d’un style hautement marginal, on se fourvoie dans nos valeurs (sic !!!).
Bref, là encore, ce n’est qu’un jugement purement personnel, et je tiens à préciser que j’ai beaucoup de respect pour de nombreuses associations telle Amnesty International, qui sont indépendantes financièrement de toutes sociétés commerciales et tout gouvernement, ou les associations locales (en France ou à l’étranger) qui bien qu’elles savent qu’elles nettoient le merde des acteurs principaux de notre monde civilisé (multinationales et gouvernements lobbyés), la nettoient quand même.