Histoire à plomber l'ambiance

Publié le par xav

Tous les apprentis Médicis vous le diront, le plomb est un poison de première ! Hautement toxique, inodore, incolore, sans saveur, il s'accumule dans les sols, l'air, l'eau, les organismes vivants, et ne disparaît jamais. Le rêve, je vous dis. Preuve en est, chez l'enfant, il provoque à la longue des troubles graves, des difficultés à lire et à apprendre, des altérations auditives, des troubles du comportement, hyperactivité notamment, etc. Arrivé à l'âge adulte, quand l'intoxication s'aggrave, si le sujet échappe au saturnisme – dont la seule cause, chronique, est l'exposition aux sels de plomb – cela va jusqu'à la cécité, les crises de démence, les maladies des reins, les cancers et la mort. Ya bon le plomb !

 

         Impossible alors de ne pas relayer les informations révélées par Jamie Lincoln Kitman dans son livre "L'histoire secrète du plomb" (Allia), qui a fait l'objet d'articles dans "Le Canard Enchaîné" du 21/09/2005 et "Charlie Hebdo" du 14/09/2005.

 

 

         Ardisson en ferait sans doute le "pitch" suivant, pour que tout le monde en parle (tu penses !) : "l'histoire se passe en 1921, c'est celle d'un chimiste qui travaille pour General Motors, et son boulot à lui, c'est de trouver un moyen pour réduire les cognements des moteurs – en gros qu'ils n'émettent plus un cliquetis désagréable aux oreilles du conducteur. Alors Thomas Midgley – c'est son nom à ce chimiste - y trouve bien un truc, c'est l'éthanol, l'alcool, quoi. Non toxique et bon marché, ça semble la solution idéale. Oui mais voilà, tout le monde peut en fabriquer, de l'éthanol, il suffit d'un alambic. Hors de question pour DuPont de Nemours, principaux actionnaires de General Motors alors, de ne pas gagner un dollar sur la découverte d'un tel argument commercial. Il imposent donc à Midgley (putain c'que c'est dur à prononcer !) de trouver autre chose, et cet autre chose, ce sera du plomb dit tétraéthyle, ajouté en petites quantités dans l'essence. En plus, ça c'est brevetable, et le brevet est évidemment déposé. Mais ça ne s'arrête pas là : les frères DuPont ne se contentent pas de rejeter du plomb en grandes quantités dans l'atmosphère (et dans les poumons humains par la même occasion) ; ils forment en 1922, juste après la "découverte" donc, un consortium avec Standard Oil (Esso, quoi), tellement puissant, que tous les gouvernements ricains fermeront les yeux et leur gueule sur le sujet ! Même si dans les années 70 la vérité finit par jaillir de partout, en 1982 Reagan et Bush père parviennent à empêcher le remplacement du plomb par l'éthanol dans l'essence pendant encore quatre ans. Il sera finalement interdit aux U.S.A. en 1986, et en 2000 en Europe, mais continue d'être distribué partout ailleurs (Afrique, Asie, Mexique…) ! Alors, Jamie, une question vient naturellement : dis, pour toi, sucer c'est tromper ?" On a froid dans le dos…

 

         D'autant que Jamie Lincoln Kitman va plus loin, et parle de la "règle de Kehoe". Kezako ? Très intéressant et pas franchement rassurant, faut-il préciser. Alors, prête, prêt?

 

 

         Il s'agit des techniques qui permettent à une big company de répandre sciemment et en toute impunité un poison mortel. Tout d'abord, nier les risques ; puis jouer sur les incertitudes scientifiques ; surtout contrôler la recherche sur le sujet ; en passant, obtenir la complicité active des gouvernements (par lobbying et / ou subventions aux partis politiques) ; ne pas oublier de nier qu'il existe des alternatives ; et enfin surestimer les progrès obtenus et minimiser les nuisances. En trois mots : tricher sans hésiter.

 

 

         Dans le cas de l'essence plombée, deux personnages s'y sont collés. En premier, bien entendu, Midgley lui-même. Favorable à l'éthanol, il a fini par vendre son âme au diable et son brevet à DuPont et consorts (cupidité quand tu nous tiens, salope !). Quand plusieurs de ses ouvriers moururent intoxiqués au plomb et que les protestataires se firent entendre, il alla jusqu'à s'exposer [au plomb] sous toutes ses formes. Il vécut heureux et eut beaucoup d'enfants. Non c'est une blague. Il se retrouva vite fait bien fait à l'hosto et cassa sa pipe peu après, sans avoir reconnu, comme le dit Polac, son crime et sa cupidité. 'foiré.

 

         En second, et c'est peut-être le plus intéressant dans le genre morbide applicable au contemporain, le dénommé Robert Kehoe himself. Il était l'argument scientifique de General Motors, car le sieur est médecin. Un peu comme ces toubibs qui faisaient la pub à Lucky Strike en blouse blanche, nous jurant que fumer c'est bon pour les bronches. Kehoe, lui a fait une étude sur une population mexicaine rurale éloignée de toute autoroute, et a conclu que le plomb existait à l'état naturel dans le corps humain, puisque ses Mexicains en avaient. Alors, vous voyez bien, hein, c'est pas dangereux… Oui sauf que si ces sud-américains présentaient de telles caractéristiques, c'est qu'ils étaient hautement exposés au plomb des glaçures utilisées sur les poteries locales. Evidemment la vérité n'éclata que bien tard.

 

 

         Pour être sûr de ne pas dormir tranquille et que le doute s'insinue s'il n'est déjà installé, Jamie Lincoln Kitman nous confirme que les chantres de l'essence plombée ont tellement bien réussi leur hold-up de nos santés pour leurs dollars, qu'ils servent d'exemple ! Et que la "règle de Kehoe" est le modèle suivi quasiment stricto sensu par les industries de l'amiante, du nucléaire, du tabac et par les firmes multinationales qui cherchent aujourd'hui à introduire les O.G.M. avant que soient menées des études scientifiques réellement indépendantes et rigoureuses. Et que penser de la téléphonie mobile ?

 

         Pour finir, un chiffre. Aux U.S.A, l'essence au plomb a tué près de 5000 personnes par an ; pour une fois rien à redire aux ricains, qui eux ont mené des études de grande ampleur sur le sujet. Bonne nuit.

 

 

Le Marchand de Sable.

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Publié dans Vie associative

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T
JE TROUVE QU'IL PETE QUAND MEME LE MESSAGE QUE J'AI ECRIT JUSTE AU DESSUS.<br /> NON?
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T
Moi j'arrive à Paris que Mercredi, mais immaginons que l'on mette ce cyber apéro en cyber hibernation cryogénique....(faut immaginer déjà!). Eh ben je pourrai commencer l'apéro seul à Grenoble, le poursuivre mercredi avec les vieux keums et comparses et le finir le samedi suivant avec Nico et Rom.<br /> C'est pas beau l'informatique?!.... En fait je cois que c'est ça que je vais réellement faire. <br /> Je trinquerai à ta santé et à celle d'Elo à chaque fois M.R.
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G
je veux etre de la partie je suis a paris samedi prochain
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R
Niko ! Il faut donc que l'on soit cyber-synchronisé si tout le monde n'a pas internet !<br /> Yeah ! on va faire comme "Charlie Parker ne perd jamais" : SYNCHRONISATION DES MONTRES !
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N
en quoi cela est une raison pour ne pas pouvoir se mettre une Cyber-mine???
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