Libre Expression

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Mardi 14 février 2006

Petit extrait (qui le dit bien mieux que moi) qui s'adresse...
... à Thieum, suite à notre passionnante discussion « flânant » dans les rayons d’un Intermarché.
... et A Rion-Ma, qui se demande bien comment Mr R a pu être un capitaliste libéral forcené avant d'avoir fait un DEUG éco-gestion alors qu'aujourd'hui... Et bien, sache que ce sont ces études ultra libérale qui m'ont permis de comprendre certaines évidences du "bon sens économique".



Irrationnalité du Capitalisme [libérale].


Si l’écologie était réellement incorporée dans la pensée et la pratique économique et politique, il faudrait alors admettre que le capitalisme accuse des défauts théoriques irrémédiables. La prétendue rationalité libérale est en effet parfaitement illogique, dès lors que l’on tient compte de la nature, de la santé et de la qualité de la vie. Si les gouvernements devaient inclure ces éléments dans leurs comptablités nationales1, ils seraient obligés de reconnaître que ces comptabilités n'informent que très imparfaitement sur les vrais coûts et les vrais bénéfices de l'activité économique. De ce fait, on se prive d'un moyen puissant de remédier aux abus. Un déversement de pétrole sur les côtes de la Bretagne ou des cancers de la peau favorisés par le déficit d'ozone apparaissent comme des valeurs positives, facteurs d'accroissement du produit national brut2 (PNB), puisqu'ils engendrent de l'activité économique: nettoyage, soins, production pharmaceutique, etc.

De même, le libéralisme tel qu'il fonctionne garantit à beaucoup d'entreprises une rentabilité factice puisque les coûts variables de leurs activités sont systématiquement "externalisés", en jargon économiste, c'est à dire assumés par la société dans son ensemble. Si, par exemple, l'industrie chimique devait prendre elle-même en charge le traîtement de ses déchets, elle ne resterait pas longtemps rentable.

Sur le plan international, les grands organismes du développement, telle la Banque mondiale, imposent le même type de pratiques irrationnelles. De très nombreux projets de la Banque sont célèbres pour leurs effets dévastateurs sur l'environnement. La raison en est qu'elle n'assigne dans ces projets aucune valeur économique au capital naturel ; sa destruction a un impact zéro dans sa comptabilité. Ainsi, si un pays coupe et vend ses forêts, s'il épuise ses sols pour produire des cultures d'exportation, le bilan n'enregistre que des revenus. Pour une organisation qui emploie plusieurs milliers d'économistes, cette vision de la réalité est aussi étrange qu'arbitraire.

Susan George, Manière de voir n°28, novembre 1995

 

(1)La comptabilité nationale est à la fois un outil descriptif permettant de montrer la situation économique d'ensemble d'une année et un outil de prévision par l'utilisation de modèles économétriques. L'information la plus connue est le PIB*.

*Le produit intérieur brut (PIB) représente le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes. Le PIB est égal, entre autre, à la somme des valeurs ajoutées** brutes (c’est-à-dire avant déduction des amortissements) des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits

** La valeur ajoutée est une notion d'économie qui permet de mesurer la valeur créée par un acteur économique.

(2) Le produit national brut (PNB) est national parce qu'il reflète la valeur ajoutée produite par les résidents du pays en question (principe de nationalité) mais il n'est pas intérieur parce qu'une partie de cette valeur ajoutée est produite à l'étranger (le PIB est lui basé sur le principe de territorialité)

Par EclecTrip - Publié dans : Théorie Ecléctique
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